# Vie de Gamer

The Last Guardian, le chef d’oeuvre

J’ai attendu avant de vous parler de mon GOTY 2016 ,  un chef d’oeuvre ça se digère , ça s’analyse mais surtout ça se sent. The Last Guardian a marqué ma vie de joueur, et si certains vous parleront de ces défauts, pour objectiver leur expérience, moi non. Cela marque la fin d’une ère du jeu vidéo, celui où un artiste arrive à prendre son temps, avec un petit studio pour sortir un jeu , celà n’arrivera plus, plus comme ça, Sony est peut-être le dernier à avoir pris le risque. The Last Guardian, c’est une vision du jeu que j’aime et ce n’est pas son gameplay qui va ternir son ressenti.

 

Ueda

Peu de d’artiste du jeu vidéo me parle, j’avoue que je n’ai pas souvent le ressenti d’un roman ou d’un film sur un jeu vidéo. Si ce média me passionne c’est parce qu’il me permet de vivre et de ressentir des choses hors du commun, l’année dernière Undertale avait réussi à le faire, sans les mêmes moyen. Le problème des artistes du jeu vidéo, c’est qu’ils disparaissent rapidement derrière une machine marketing, de plus en plus rarement mis en avant. . Fumito Ueda a une vision, et elle me parle, parce qu’elle permet de se projeter, de projeter notre vécu de joueur.

 

lastguardianOn retrouve un univers avec des « trous », il manque des choses, narratifs évidemment mais aussi dans le level design. L’architecture n’est pas parfaite, le temps est visible, les ponts sont brisées, le ciel lointain, le sol troué. Ces bouts qui manquent , offrent une scène pour l’esprit, pour la projection en tant que joueur. J’ai réussi à faire ,et à fantasmer, mon univers. Le jeu ne donne d’ailleurs des pistes sur le scénario que vers la toute fin, que lorsque finalement ça ne compte plus vraiment . Savoir pourquoi Trico est comme ça , importe peu. Nous avons déjà vécu une belle aventure avec lui, le but n’est qu’optionnel, la scène post-générique , est presque de trop.

The Last Guardian

On commence l’histoire, pardon, on commence l’aventure, la relation, avec Trico. Cette chimère dont on ignore l’origine, notre héros par sa voix-off nous donne quelques détails, on ne sait pas toujours si c’est la vérité ou non et tant mieux. Plusieurs fois dans la montée de la grotte, on se posera des questions, sur la véracité des propos du narrateur mais aussi sur les moments qu’on vit, pourquoi notre héros est solide pour un petit enfant, qui sont les gardiens qui veulent nous capturer et blesser notre Trico.

Evidemment, qu’on a des trous, la subtilité du message est peut-être aussi là, nous faire douter sur la possibilité de cette aventure. On apprends au fur et à mesure à dompter Trico, à l’aimer par moment, à lui faire un câlin gratuitement sans aucun but logique, juste pour le plaisir de créer une relation entre notre avatar et Trico. Notre avatar n’a d’ailleurs pas de nom, il est notre projection dans l’univers du jeu vidéo. Ueda pousse la malice jusqu’à inverser les réflexes des joueurs, on saute pas avec la croix, mais avec le triangle c’est simple mais ça beaucoup bousculé les joueurs.

Trico ne réponds pas automatiquement, il n’est pas un robot ou un bête compagnon de jeu vidéo, la beauté du jeu c’est de nous faire croire à une relation affective. Rare sont les jeux qui transmette ça, parce que Trico ne réagit pas comme un personnage humain, son empathie est animal. Il n’est pas fiable comme un humain, il ne nous comprends pas comme un humain, c’est complètement unique comme relation. Si on connaît l’oeuvre de Ueda, on sait qu’il aime les relations entre l’homme et les entités un peu surnaturelles, ici c’est une bête qui devra vous aider à vous sauver, mais aussi elle vous permettra à vous joueur, de ressentir des choses qu’aucun jeu n’avait réussi à transmettre.

Si j’ai parlé des ponts brisés, c’est aussi pour mettre en avant, l’univers du jeu, véritable troisième acteur, ce château, cette tour, cette prison, c’est comme un labyrinthe mental qui vous apprendra à comprendre Trico et cet univers. D’ailleurs les casse-têtes ne sont jamais très compliqués et je suis sûr que ça sera toujours Trico qui vous embêtera le plus. La patience est de mise, peut-être est-elle voulu par la réalisation artistique peut-être aussi un peu subi par la réalisation technique, dans tout les cas, sans elle , le jeu ne sera qu’une suite de frustration et vous passerez à coté d’un jeu qui a beaucoup à vous dire.

Si les problèmes techniques vous embêtent et que le gameplay parfois approximatifs, vous rebute, passez votre chemin Si vous aimez prendre votre temps, si vous vous laissez prendre à l'aventure, à la relation, que la sensibilité d'un jeu vous importe plus que le reste. TLG est pour vous.. TLG est un chef d'oeuvre, aucun n'est parfait, mais aucun chef d'oeuvre ne s’oublie.
  • Un jeu d'artiste
  • La projection le propos
  • Le labyrinthe vertical
  • Évidemment Trico
  • La technique approximative qui peut rébuter

à suivre

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